12
Mai
2017
1

L’ histoire du vinyle – Partie 4, Une nouvelle vie pour Casper Slinger

Une nouvelle vie

La vie de Casper Slinger a radicalement changé. « Mon père a commencé une toute nouvelle vie- plus une vie de famille. Il pouvait enfin profiter de sa femme et de ses enfants. Il est devenu un vrai père de famille. Il a souvent déménagé. Parfois il habitait à Aerdenhout (à côté de Haarlem), ensuite de nouveau en France [entre autres à Monaco et Cannes] aux bords de la Méditerranée ».

Casper Slinger était un véritable entrepreneur. « Mon père a encore fondé l’entreprise DS1 vendant de l’appareillage diffusant des insecticides et du parfum dans la maison. Après un certain temps, il a revendu cette société. Il était aussi actif dans l’immobilier. Il jouait aussi à la bourse. Il restait un entrepreneur pur et dur ».

Pour finir, Casper Slinger s’est installé définitivement en bordure de mer dans le sud de la France. » Il a eu beaucoup de bateaux et a acheté bon nombre de maisons avec vue sur la mer ». Il n’avait plus aucun contact avec ses anciens collègues de l’industrie musicale. Même pas avec John Vis qui s’est également installé plus tard dans le Midi. « Ils ne se sont jamais plus parlés », selon Ariane.

« Jaap Felleman est une fois venu en visite chez mes parents avec sa famille dans le Midi. C’était vers 1980, mon père avait alors 57 ans, il avait donc bien entretenu des contacts. Mais pas du tout avec John Vis ».

Adriana et Casper Dingeman Slinger lors de son quatre-vingt-dixième anniversaire

L’amour de la musique est cependant imperturbablement resté. « Mon père écoutait continuellement de la musique. Il avait toujours les meilleurs systèmes audio chez lui ». Mais ses disques n’étaient pas éternels. « Il ne reste malheureusement plus rien de sa grande et très belle collection de vinyles. A cause des déménagements, tous ses disques se sont déformés et il a dû s’en séparer ».

Casper Slinger voulait rester au courant des développements de l’industrie musicale à sa manière. « Il continuait à suivre le top 50. A 92 ans, les chaînes musicales avec des clips vidéo étaient en permanence allumées chez lui. Hormis la musique, la mer et ma mère étaient ses grandes passions. Il n’a pas passé un jour sans elle ». L’avis de décès mentionnait qu’ils avaient tout partagé, bonheurs et malheurs, pendant 62 ans.

La famille Slinger est fière que l’usine de disques construite par Casper au début des années soixante existe encore. Il y a un regain d’intérêt pour la musique sur vinyle. Selon Ariane, certaines anciennes presses sont encore utilisées en 2016. Sur la page d’accueil de l’entreprise autonome ayant repris le flambeau d’Artone, on lit : « With 33 presses, Record Industry is one of the largest vinyl pressing plants in the world. Our production capacity is of 40.000 to 50.000 records per day ».

Katy Perry

Pour finir, encore une preuve de la « jeunesse éternelle » de Casper Slinger. Il n’y a pas si longtemps Adriana et Casper Slinger, ayant entretemps plus de 90 ans, marchaient sur la Croisette à Cannes. Une équipe de télévision française (France 3) demandait aux passants quels étaient leurs artistes préférés. Le couple Slinger a également été interpelé. Casper portait, comme à l’accoutumée durant les dernières années de sa vie, un costume blanc.

Quel était son artiste préféré ?

On ne sait pas ce à quoi s’attendait l’intervieweur de la télévision française. Maurice Chevalier, Charles Trenet, Charles Aznavour, Edith Piaf, Adamo, Gilbert Bécaud peut-être ?

La réponse de l’homme au cœur jeune était plus qu’étonnante. Il avouait que son artiste préféré était Katy Perry, interprète de chansons comme « I kissed a girl », « Hot ’n’ Cold », « California gurls » et « Dark Horse ».

Lors d’interviews de rue, on ne diffuse pas tout. Uniquement ce qui est important ou intéressant.

Ariane Slinger : « C’est ainsi que mon père est passé à la télévision française à la fin de sa vie ! »

Photo de famille 2013, Fille Ariane Slinger en bas au centre

Photo de famille 2015, Fille Alexandra, deuxième depuis la droite en robe bleue.

Harry Knipschild
Le 28 octobre 2016

Clips

* Dave Brubeck, Take Five, 1961

* Ray Charles, I can’t stop loving you, uit 1962

* Newbeats, Bread and Butter, 1964

* Stevie Wonder, Blowing in the wind, 1966

* Scott McKenzie, San Francisco, 1967

* Johnny & Rijk, Bostella, 1967

* Simon & Garfunkel, The Boxer, 1982

* Crisis Suez-kanaal in 1956, BBC documentaire, 2006

* Katy Perry, I kissed a girl, 2008

Presse spécialisée

Hemmy J.S. Wapperom, à propos de Pete Felleman et Reprise, Billboard, 4 décembre 1961

‘Columbia sets Benelux deal’, Billboard, 29 décembre 1962

Katern à propos de CBS International, Billboard, 16 mars 1963

André de Vekey, « It’s official: CBS-Oriole deal », Billboard, 3 octobre 1964

Cees Mentink, « directeur d’Artone John James Vis: De grootste boer kan tegenwoordig een plaat maken », Kink, 8 avril 1967

Clive Davis, Clive. Inside the record business, New York 1975

Michel Terstegen, « Het was eigenlijk waanzinnig. Interview exclusive avec John J. Vis à propos d’Artone dans les années 50 et 60 », Warm Sounds, mars 2001

Harry Knipschild, « Vriendinnen voor het leven dankzij Artone », sur ce site, 16 avril 2010

Harry Knipschild, « Gijs Leijenaar en het persen van grammofoonplaten », site Harry Knipschild, 1 novembre 2012.

Gerlof Leistra, « Casper Slinger 1923-2016, Ondernemer met passie voor jazz », Elsevier, 22 octobre 2016

Liens

Leave a Reply